Comprendre ce qui sépare une page ouverte en local d'un site en ligne.
Depuis le début de la formation, vos pages s'affichent parfaitement — sur votre ordinateur. Ce module franchit la frontière annoncée au module 1.1 : rendre ces pages visibles par n'importe qui, n'importe où. Avant de transférer quoi que ce soit, il faut comprendre ce qui sépare réellement les deux situations.
1. Regardez la barre d'adresse
Le meilleur indicateur de l'endroit où vous vous trouvez est sous vos yeux. Ouvrez une de vos pages et lisez le début de l'adresse :
file:///C:/laragon/www/code/index.html → un fichier sur VOTRE disque https://mon-site.fr/index.html → un fichier chez l'hébergeur
Dans le premier cas, le navigateur ouvre un fichier comme le ferait un traitement de texte : il lit votre disque dur, rien de plus. Aucun réseau n'est impliqué, personne d'autre ne peut voir cette page. Dans le second, il demande la page à une machine distante, qui la lui envoie. C'est toute la différence, et elle tient dans les premiers caractères de l'adresse.
2. Deux façons d'afficher la même page
Exactement les mêmes fichiers, exactement le même affichage à l'écran — et pourtant deux situations qui n'ont rien à voir :
| Situation | L'adresse | Qui peut voir la page |
|---|---|---|
| Double-clic sur le fichier | file:///C:/… |
Vous seul, sur cette machine |
| Hébergement en ligne | https://mon-site.fr/… |
Le monde entier |
Tant qu'il s'agit d'écrire du HTML et du CSS, le double-clic suffit largement : votre page existe, elle s'affiche, vous pouvez la corriger. Mais elle n'existe que pour vous. L'envoyer par courriel ne servirait à rien — le destinataire recevrait un fichier, pas un site. Publier est une étape à part entière, et c'est l'objet de ce module.
3. Les trois pièces de la mise en ligne
Mettre un site en ligne suppose trois choses distinctes, souvent confondues parce qu'on les achète au même endroit :
mon-site.fr, que les visiteurs tapent
L'analogie du commerce tient bien : l'hébergement est le local, le nom de domaine est l'adresse postale qui permet de le trouver, et le FTP est le camion qui y apporte vos affaires. On peut avoir un local sans adresse lisible — le site reste alors joignable par une suite de chiffres — mais pas d'adresse sans local.
Dans cette formation, l'hébergement et le nom de domaine sont fournis : Infomaniak. Il ne vous reste que la troisième pièce, le transfert, et c'est la microressource suivante.
4. Ce que le passage en ligne change vraiment
« Ça marche chez moi » ne garantit pas « ça marche en ligne », et les causes sont toujours les mêmes. Les connaître à l'avance vous épargnera la moitié des surprises du module :
| Ce qui change | En local | En ligne |
|---|---|---|
| Majuscules des noms de fichiers | Windows ne les distingue pas : Photo.JPG répond à photo.jpg |
Elles sont distinguées : le fichier n'est pas trouvé |
| Fichiers oubliés | Tout est là, forcément | Seul ce que vous avez transféré existe |
| Chemins absolus | C:/mes-images/logo.png fonctionne |
Ce chemin n'existe pas : image cassée |
| Vitesse d'affichage | Instantanée, rien ne transite | Dépend du poids des fichiers et du réseau |
| Qui voit la page | Vous | Tout le monde, moteurs de recherche compris |
Contact.html alors que le fichier s'appelle
contact.html fonctionne chez vous et échoue en ligne : Windows ignore la
différence, le web non. D'où la règle de nommage posée dès le module 1.1 :
tout en minuscules, sans accent, sans espace. Ce n'est pas une
coquetterie, c'est ce qui évite cette panne.
- Le début de l'adresse dit tout :
file://lit votre disque,https://va chercher la page ailleurs. - Une page qui s'affiche chez vous n'est pas un site en ligne : publier est une étape à part.
- Trois pièces distinctes : l'hébergement (le local), le nom de domaine (l'adresse), le FTP (le déménagement).
- En ligne, seuls existent les fichiers que vous avez transférés — rien n'est deviné ni corrigé.
- Minuscules, sans accent, sans espace : la règle de nommage devient obligatoire une fois en ligne.
Le principe est posé. La microressource suivante passe aux gestes : installer un client FTP, s'y connecter et transférer un site pour de bon.
Microressource 2 — Transférer un site en ligne avec Cyberduck →